"Ils vont finir par le cramé LBB a l'aligner tous les weekend..." Ce commentaire d'un de nos lecteurs sous la composition de l'UBB pour le déplacement face à Clermont nous a fait réagir. Personne n'a oublié dans quel état l'ailier tricolore avait terminé la saison 2024/2025. Commotionné, sur les rotules, le Bordelais n'avait pas été en mesure de jouer à son meilleur niveau. Faut-il à nouveau s'inquiéter pour lui ?TOP 14. UBB. Une saison historique mais terminée ''rincé'' : le dilemme de Louis Bielle-Biarrey pour la suite
Ce week-end, l’ailier de Bordeaux va disputer son 14e match de championnat de la saison toutes compétitons confondues, le 14e comme titulaire. Sorti à la 55e minute lors du succès face à Toulon la semaine passée, l’international français a pu bénéficié d'un peu de repos. Mais il a surtout enchaîné depuis le début de l’exercice.
À un peu plus d’un mois du coup d’envoi du Tournoi des 6 Nations, une question se pose : à l'instar de LBB, dans quel état les cadres offensifs du XV de France vont-ils se présenter face à l’Irlande ? D'autant qu'il y a encore deux journées décisives de Champions Cup à jouer en janvier.
Bielle-Biarrey déjà trop utilisé ?
Si l’on s’en tient strictement au championnat, Louis Bielle-Biarrey totalise 605 minutes en TOP 14 (source : All Rugby). Un volume conséquent, mais qui mérite d’être replacé dans son contexte. À ce stade de la saison, l’ailier bordelais n’est ni le joueur le plus utilisé, ni même le plus exposé parmi les Tricolores appelés par Fabien Galthié. Il est titulaire à chaque sortie, certes, mais il n’enchaîne pas systématiquement les matchs pleins, comme l’a encore montré sa sortie anticipée contre Toulon.Top 14. ''Fatigué, rincé'', mais heureux : Louis Bielle-Biarrey (UBB) se confie sur sa fin de saisonLa perception change radicalement quand on regarde les autres internationaux français uniquement à l’aune du TOP 14. Plusieurs joueurs retenus pour préparer le match contre l’Australie affichent des volumes bien supérieurs. Ainsi son coéquipier Cameron Woki dépasse largement les 800 minutes en championnat, Léo Barré est déjà au-delà des 750, Théo Chabouni frôle les 770, tandis que Fabien Brau-Boirie a atteint la barre des 800 minutes. D'aucuns auront raison de dire qu'ils ne font pas partie des cadres tricolores.
Quid des potentiels titulaires face aux Irlandais ? Grégory Alldritt est autour des 670 minutes, quand Hugo Auradou ou Oscar Jegou tournent autour des 575 à 620. En clair, Bielle-Biarrey n’est pas un cas extrême en TOP 14.
Un ailier géré différemment, mais pas surutilisé (en TOP 14)
Ce qui distingue Bielle-Biarrey, ce n’est donc pas tant son temps de jeu en championnat que sa régularité de titularisation. Il est sur la feuille chaque semaine, ce qui frappe l’œil, mais son utilisation reste comparable à celle d’autres titulaires indiscutables du championnat. À poste équivalent, certains centres et arrières ont même été davantage sollicités. On est loin d’un cas de surchauffe isolée en TOP 14, contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture rapide.
Pour le staff des Bleus, cette lecture est importante. Si l’on s’en tient au championnat, Bielle-Biarrey arrive dans des standards tout à fait acceptables. Il n’aborde pas le Tournoi avec un déficit de fraîcheur lié uniquement au TOP 14.
La vraie vigilance se situe ailleurs
Là où la vigilance doit s’exercer, c’est sur le cumul global des compétitions. En TOP 14 pur, Bielle-Biarrey est dans la norme haute, sans excès manifeste. Il bénéficie même d’une gestion ponctuelle, avec des sorties anticipées et des temps faibles maîtrisés. À ce niveau, le danger ne vient pas d’un match de trop, mais d’une accumulation mal anticipée.
Si on ajoute la Champions Cup et les tests de novembre, LBB approche (dangeureusement ?) des 1000 minutes de temps de jeu... comme Penaud. Autre Bleu solicité, le centre Nicolas Depoortere avec 940 minutes cumulées. A titre de comparaison, Lucu est seulement 477 minutes (238 en TOP 14) tandis que Jalibert a 200 minutes de moins dans les jambes que ses deux coéquipiers aux ailes. C'est aussi le cas du Rochelais Alldritt qui, avec 881 minutes jouées, fait partie des "premium" le plus utilisés cette saison. On pourrait aussi ajouter son coéquipier Jegou avec 877 minutes.Galthié ne l’avait pas vu venir, Le XV de France en pénurie de joueurs à ce poste clé ?Notez que pour voir la trace d'un Toulousain de la liste de Galthié contre l'Australie, il faut remonter à la 85e place du classement du temps de jeu en TOP 14. Alexandre Roumat est, 72e avec 598 minutes de temps de jeu en championnat, mais il n'avait pas été appelé par Galthié. Au contraire de Romain Ntamack qui n'affiche que 569 minute en TOP 14 pour un total de 887 toutes compétitions confondues. Quid de son potentiel vis-à-vis Sam Prendergast le 5 février ? Il n'a été aligné que 545 minutes au cumulé depuis début septembre (au 27 décembre 2025). On se souvient que ce même NTK avait déclaré que la seule façon de se reposer, était d'être blessé.
Des Bleus plus frais pour Galthié
Non, Louis Bielle-Biarrey ne joue pas “trop” en TOP 14. Il joue beaucoup, comme d’autres, parce qu’il est performant et indispensable. La vraie question n’est donc pas son utilisation en championnat, mais la capacité du rugby moderne à gérer intelligemment les talents qui brillent sur tous les fronts. Et ça, c’est un sujet bien plus large que le seul cas LBB. Quand les ailiers du XV de France LBB et Penaud ont déjà 2000 minutes dans les jambes, leurs adversaires dépassent à peine la moitié...Six semaines d’arrêt et un timing cruel pour le XV de France avant le Tournoi 6 Nations
Il ne faudra peut-être pas s'étonner si les Bleus sont dans le dur lors de ce premier match du Tournoi. "Heureusement" pour Galthié, certains éléments, blessés, vont arriver bien plus frais. On pense bien évidemment à Antoine Dupont ou encore à ses coéquipiers Peato Mauvaka ou encore François Cros. On pourrait encore avoir droit à une composition mixte avec des premiums et des joueurs moins capés. Avec seulement 10 jours de préparation pour ce choc programmé le 5 février, le sélectionneur va-t-il privilégier la fraicheur ou le temps de jeu, quitte à faire tourner ensuite face au Pays de Galles le 15 février ?