La définition du « match dans le match » n’a jamais été aussi bien appropriée. Et pour cause : c’est un vrai duel d’ailiers auquel nous allons assister, entre deux hommes capables de dépasser les 37 km/h.
Louis Bielle-Biarrey affrontera donc Louis Rees-Zammit, une affiche qui fait déjà saliver et qui devrait sans aucun doute dicter le tempo de cette dernière rencontre de la phase régulière de la Champions Cup.
Si les statistiques ne sont que des chiffres, voici quelques données à connaître, qui devraient permettre de mieux saisir l’ampleur de ces deux ovnis.
Retière, Lucu et Hutteau blessés, vers une première en Champions Cup : la compo probable de Bordeaux face à BristolLouis Rees-Zammit, plus rapide que Louis Bielle-Biarrey
Encore une fois, les données évoquées n’ont pas vocation à affirmer que l’un des deux est meilleur que l’autre, leurs profils étant plutôt différents, même s’ils partagent un atout commun : la vitesse.
Et à ce jeu-là, même si les standards sont extrêmement élevés, c’est Louis Rees-Zammit qui demeure le plus rapide. C’est en tout cas lui qui a affiché la vitesse de pointe la plus élevée en match.
L’international gallois a atteint 37,94 km/h à la 82ᵉ minute d’une rencontre face à Leicester cette saison. Ce fut d’ailleurs son premier essai à domicile sous les couleurs de Bristol, club qu’il a rejoint cette saison après une pige en football américain.
Louis Bielle-Biarrey est lui devancé de très peu, avec 37,8 km/h lors d’un repli défensif spectaculaire face à La Rochelle en mai 2024.
Ces chiffres donnent déjà le ton, sachant qu’un coureur de 100 mètres comme Usain Bolt atteint environ 37,15 km/h de moyenne sur toute la distance. Pour nos deux Louis, il s’agit de vitesses maximales ponctuelles, pour l’heure, difficile de dire s’il y a match avec la légende jamaïcaine.
Louis Rees-Zammit, le roi des mètres gagnés… juste derrière un coéquipier
Cette statistique donne déjà le ton sur les duels auxquels les ailiers bordelais devront faire face. Parmi tous les joueurs ayant effectué au moins 10 courses ballon en main, Kalaveti Ravouvou et Louis Rees-Zammit se distinguent par leurs performances.
Le Fidjien gagne en moyenne 12,6 mètres par course, faisant avancer son équipe de manière significative à chaque action. Derrière lui, Louis Rees-Zammit cumule 10,7 mètres par course, soit le deuxième meilleur ratio.
Loin derrière, Louis Bielle-Biarrey culmine à environ 6,6 mètres par course sur ses trois apparitions en Champions Cup cette saison. Ce constat laisse entrevoir des duels très intenses sur les ailes dimanche, où chaque mètre gagné pourrait faire la différence.
12.6 - Of players to make 10+ carries in the @ChampionsCup this season, @BristolBears duo Kalaveti Ravouvou (12.6) and Louis Rees-Zammit (10.7) have gained the most metres per carry on average. Charging. pic.twitter.com/lWEZVo89KU
— OptaJonny (@OptaJonny) January 7, 2026
Louis Rees-Zammit, celui qui bat le plus de défenseurs
Difficile de tirer des conclusions définitives en Champions Cup, au regard du faible nombre de matchs disputés par le Gallois. Sur une seule rencontre toutefois, Louis Rees-Zammit a fait mieux que Louis Bielle-Biarrey sur l’ensemble de ses trois apparitions dans la compétition cette saison.
Avec 7 défenseurs battus, il devance LBB, qui en totalise 3. En championnat, les données se resserrent davantage : le Gallois compte 27 défenseurs battus, contre 22 pour Louis Bielle-Biarrey.
Comparer leurs profils reste délicat tant ils sont différents. Le Gallois, plus puissant, et la torpille française se rendent près de dix kilos. Pour autant, dans cet exercice du duel gagné, Rees-Zammit figure une nouvelle fois parmi les meilleurs.
RUGBY. Fin du rêve américain : Rees Zammit dit au revoir à la NFLLouis Bielle-Biarrey, le serial marqueur de l'UBB
Dans ce registre-là, il est tout simplement imbatable. C’est d’ailleurs sur cette capacité qu’il a forgé sa réputation : l’ailier girondin est évidemment le meilleur marqueur des deux flèches, avec 20 essais en 16 matchs de Champions Cup depuis le début de sa carrière.
Cela représente une moyenne de 1,2 essai par match, devant Louis Rees-Zammit, qui affiche 0,7 essai par rencontre.
L’ailier gallois, lui, n’a disputé que 9 matchs de Champions Cup depuis le début de sa carrière, pour 6 essais marqués avec Gloucester et Bristol.
Il y a deux ans, notre Français figurait déjà parmi les meilleurs marqueurs de la saison avec 6 réalisations. L’année dernière, en demi-finale face à Toulouse, il signait également l’un des plus beaux essais de la compétition.
Une donnée importante : LBB n’est pas qu’un simple finisseur, c’est aussi un créateur hors pair, ce qui le tranche clairement avec son homologue gallois.
Your @TISSOT Try of the Season... 🥁Louis Bielle-Biarrey's brilliant run-in from the second half kick off in @UBBRugby's semi-final clash 😮💨#InvestecChampionsCup #TryOfTheRound pic.twitter.com/vIouLf4O7S
— Investec Champions Cup (@ChampionsCup) June 6, 2025
Louis Biell-Biarrey, celui transperce le plus
Voilà une nouvelle preuve que Louis Bielle-Biarrey ne se contente pas de rester collé à son aile pour conclure dans l’en-but. Cette saison, il figure parmi les joueurs qui transpercent le plus les lignes défensives.
Toutes compétitions confondues, il a franchi la défense adverse à 19 reprises, contre 12 pour Louis Rees-Zammit. En Champions Cup, les deux hommes sont à égalité, avec deux franchissements chacun.
Cette capacité à faire des différences sera scrutée de près, d’autant plus que Bordeaux et Bristol figurent parmi les défenses les plus perméables de la compétition. Léger avantage toutefois pour Bristol, qui encaisse en moyenne 26 points par match, contre 27 pour l’UBB.
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Si l’on a beaucoup parlé de leur apport offensif, l’un comme l’autre devront aussi relever un défi de taille : défendre face à leur vis-à-vis. Au regard de leurs qualités respectives, la tâche s’annonce particulièrement complexe.
Dans cet exercice, Louis Bielle-Biarrey semble toutefois partir avec un léger avantage. Comme il l’a souvent démontré, l’ailier bordelais n’est jamais avare d’efforts lorsqu’il s’agit d’aller au contact.
Avec 13 plaquages réussis, dont un offensif lui permettant de gagner des mètres, il devance largement son homologue de Bristol, crédité de seulement deux plaquages. Une donnée supplémentaire qui rappelle que le gabarit ne fait pas tout.
Ainsi, dimanche, ces deux flèches devraient se livrer un duel au coude-à-coude. Et si Bordeaux souhaite poursuivre son sans-faute, un grand Louis Bielle-Biarrey sera assurément nécessaire.
22 ans. 22 sélections. 20 essais. 😮💨Louis Bielle-Biarrey est déjà aux portes du TOP 10 des meilleurs marqueurs du XV de France 🇫🇷#QCNS #QuilterNS pic.twitter.com/78Fd17IiFq
— Six Nations (FR) (@SixNations_FR) November 27, 2025