Galthié ne regarde pas seulement le trophée
Le XV de France a gagné deux Tournois des 6 Nations de suite, une première depuis vingt ans. Forcément, c'est flatteur. Mais Fabien Galthié ne s’arrête pas à la photo avec la coupe. Dans un entretien accordé au Midi Libre, le sélectionneur rappelle qu'à un peu plus d'un an de la Coupe du monde 2027, il reste du travail. Surtout vu le programme qui attend les Bleus en cas de qualification pour les phases finales.
Les Bleus savent où ils sont forts
Sur le plan offensif, le constat est clair. La France marque beaucoup. Elle avance, elle crée, elle finit les coups. Galthié rappelle même que les Bleus terminent meilleure attaque depuis deux ans, “et de loin”. Ce n’est pas un détail. Cette équipe sait mettre de la vitesse, déplacer les défenses et transformer le désordre en occasions. Le problème, c’est que le rugby international ne pardonne pas les déséquilibres.
La conquête, toujours le gros chantier
Le mot revient encore : les “set up”. En clair, les bases. Touche, mêlée, phases de reconquête. Galthié met le doigt sur ce qui coûte cher au très haut niveau. Une mêlée pénalisée, ce n’est pas juste une mêlée ratée. C’est une pénaltouche, une pression dans les 22 mètres, parfois sept points dans la musette. Même chose en touche. Si la rampe de lancement tremble, tout le plan de jeu tremble avec elle.
Les cinquante ballons qui changent tout
Concernant les phases de reconquête, Galthié estime qu’il y en a environ cinquante par match. Un coup de pied qui ne sort pas. Un ballon contesté en l’air. Une réception sous pression. Un retour intérieur après jeu au pied. C’est là que le rugby moderne bascule. On n’est plus seulement dans la conquête propre. On est dans le chaos organisé.
Discipline et règle, le détail qui pèse lourd
Autre point ciblé : la discipline. Pas seulement le nombre de pénalités. L’apprentissage de la règle, l’adaptation à l’arbitre, la capacité à ne pas offrir des sorties de camp gratuites. Là aussi, les Bleus ont une marge. Dans un match serré, une position de hors-jeu, une entrée sur le côté ou une mêlée mal maîtrisée peut faire plus mal qu’un plaquage manqué.
L’équilibre, pas le grand chamboulement
Galthié ne parle pas de tout casser. Il parle d’équilibre. Nourrir la conquête sans affaiblir l’attaque. Renforcer la défense sans éteindre l’audace. C’est toute la difficulté. La France a une identité offensive forte. Mais pour viser plus haut en 2027, elle doit solidifier ce qui précède les grandes envolées.
Pour les joueurs, le message est limpide. Les places se gagneront aussi sur la touche, la mêlée, le jeu au pied, la discipline et la lecture des ballons de reconquête. Pas seulement sur les fulgurances. Les Bleus ont déjà le talent. Maintenant, ils doivent polir les zones qui font gagner les matchs couperets. Et à la Coupe du monde, ce n’est jamais du détail.

6 heures ago
9



















French (FR) ·