En progression contre l’Irlande, le XV de France féminin peut-il déjouer les pronostics ?

10 heures ago 11

Après deux larges victoires contre l’Italie (40-7) et le pays de Galles (7-38), le XV de France a assuré un succès contre l’Irlande (26-7), ce samedi 25 avril, à Clermont-Ferrand. Au stade Marcel-Michelin, cette troisième sortie du Tournoi des 6 Nations a été le théâtre de moins d’essais que sur les précédentes affiches. Néanmoins, elle a sûrement été la plus intéressante de cette édition 2026, par rapport à l’envie affichée et à l’adversité proposée en Auvergne.

En effet, les Bleues se sont heurtées à un XV irlandais venu livrer bataille au milieu des Volcans. Les femmes en vert ont montré une belle combativité et ont obligé celles en bleu à sortir de leur zone de confort. Alors que les deux derniers matchs avaient amené quelques questions sur le niveau supposé des filles face à un adversaire d’un autre calibre, la réponse a été convaincante.

L’Irlande sans se relâcher

La première période a été le théâtre d'affrontements rugueux, où les envolées ont été avortées par un carton jaune précoce à destination de l’arrière Pauline Barrat (3ᵉ). Face à cette infériorité numérique, l’esprit collectif l’a emporté pour mieux affronter des Irlandaises qui ont ouvert le score grâce à Cliodhna Moloney (11ᵉ), pour leurs seuls points de la rencontre.

Ensuite, les Tricolores n’ont cessé de monter en puissance. Une réaction rapide concrétisée par Ambre Mwayembe s’est fait remarquer (16ᵉ). Dans la foulée, les joueuses de François Ratier ont fait le dos rond pour empêcher les Celtes de prendre de nouveau l’avantage. Frustrée et fatiguée, la sélection irlandaise s’est cassé les dents sur une défense française pleine de hargne.

À la mi-temps, le score était de parité (7-7). Après cette dernière, les filles de l’Hexagone ont montré leur supériorité. Après un bon travail des avants, Carla Arbez finit par donner l’avantage au XV de France, avec une deuxième arrivée en Terre promise des Bleus (51ᵉ). Ensuite, c’est au tour d’Anaïs Grando (68ᵉ). L’ailière fait preuve de réalisme et Léa Chambon continue avec un ultime essai (79ᵉ) pour s’offrir le bonus offensif.

Les Bleues cumulent de la confiance

Après cette rencontre, plusieurs retours positifs sur l’esprit collectif et la combativité du XV de France féminin se sont fait entendre. Parmi eux, celui réalisé par le sélectionneur François Ratier résonne un peu plus fort. “Il y a eu des séquences très intéressantes, oui. Pas assez, bien sûr, mais on construit en même temps. Cela nous permet de valider beaucoup de choses sur le projet. C’était un vrai match, un vrai test-match”, confiait-il après le match, selon des propos rapportés par Rugbyrama.

Ensuite, le sélectionneur en place depuis seulement quelques semaines a félicité publiquement ses joueuses.C’est un groupe qui se construit dans la solidarité. Je vois une équipe, avec des jeunes, des moins jeunes, des expérimentées. Quand elles se regardent, on voit l’envie d’aller au même endroit ensemble, à l’entraînement aussi. Si je devais retenir une chose, c’est ça : on est en train de construire une équipe de France qui est une vraie équipe”, arguait le Franco-Canadien devant les journalistes réunis à Clermont-Ferrand.

Un XV de France attendu

Cependant, comme chaque année, les matchs du Tournoi des 6 Nations voient le XV de France se présenter comme le favori sur la quasi-totalité des affiches. Si les Bleues confirment ce statut, les améliorations sont aussi scrutées pour déceler les détails qui renverseraient l’ogre du rugby féminin européen : l’Angleterre, septuple champion en titre sur les sept dernières éditions. Prévu en clôture de la compétition, le 17 mai à 17h45 au stade Atlantique de Bordeaux, ce choc entre le XV du Coq et celui de la Rose est déjà dans la plupart des esprits.

Alors qu’une semaine de repos se profile pour les équipes engagées, le déplacement en Écosse qui va suivre fera office d’ultime préparation. À Édimbourg, elles devront confirmer les efforts aperçus au Michelin, tout en gommant l’indiscipline et ses mauvais démarrages qui n’aident pas les Bleues. Dans l’état d’esprit, elles semblent avoir trouvé une bonne dynamique. La défense et le réalisme semblent également au rendez-vous, mais de nombreux détails restent à parfaire. “Ça ne se fait pas en trois matchs”, confiait François Ratier. En tout cas, avant de rêver d'un exploit, on peut constater qu’il y a du mieux.

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