Cette folie à 342 millions € des All Blacks va scotcher le XV de France

18 heures ago 13

Sur ce mois d’avril 2026, un nouvel écrin accueille les matchs spectaculaires du Super Rugby. En effet, ce vendredi, les Crusaders ont inauguré le Te Kaha ou One New Zealand Stadium, pour des raisons de Sponsoring, lors de la onzième journée du championnat austral. Pour l’occasion, ils ont signé un guichet fermé, avec 25 257 spectateurs en tribune, et une belle victoire contre les Waratahs (35-20) à Christchurch.

Un stade moderne et modulable

Ainsi, Leicester Fainga’anuku et ses coéquipiers devraient quitter l’Apollo Projects Stadium. Avec ses 17 000 places en tribunes, il était le plus petit stade du pays à accueillir les matchs de Super Rugby d’une franchise néo-zélandaise. En plus des 25 000 sièges initiaux, près de 5 000 strapontins supplémentaires peuvent être ajoutés si les échéances l’y invitent.

De plus, l’affluence maximale peut monter jusqu’à 37 000 personnes sur le site, puisque ce dernier peut se transformer aisément en salle de concert, grâce à son terrain modulable et à son toit fermé. En novembre 2026, un concert du chanteur britannique Robbie Williams y est notamment prévu.

Le XV de France attendu à Christchurch

Pour une occasion pareille, le XV de France de Fabien Galthié pourrait bien pousser la jauge à son maximum, autour des 30 000 places. Pour cause, le One New Zealand Stadium accueillera le premier match du Championnat des Nations 2026, le 4 juillet prochain. Sur cette affiche, les Bleus défieront les All Blacks dans cet antre flambant neuf, avant de s’envoler en Australie, puis au Japon. À Te Kaha, les Tricolores seront sans doute scotchés au moment de visiter ce lieu ultramoderne, avant d'y jouer, qui fait désormais la fierté des soutiens de ce projet.

En Nouvelle-Zélande, l’inauguration de cette nouvelle enceinte était attendue, pour de multiples raisons. Tout d'abord, elle garantit un cadre moderne à la franchise des Crusaders, la plus titrée d’Océanie, et ses 13 titres de Super Rugby. Ensuite, elle permet à la ville de voir jouer les All Blacks dans des conditions décentes. La deuxième plus grande ville du pays n’avait plus apprécié les qualités de son iconique sélection depuis près de quinze ans. Pour cause, le mythique Lancaster Park, ouvert en 1880, avait été fermé puis démoli suite au tremblement de terre de 2011.

Ainsi, la réception d’un match des All Blacks est déjà dans beaucoup d'esprits en Nouvelle-Zélande, même si la dernière tournée du XV de France dans l’Aotearoa avait été largement critiquée au pays. Fabien Galthié et son staff avaient, comme à chaque fenêtre internationale estivale, décidé de ne pas convoquer les titulaires habituels. Cette fois-ci, les locaux auront une multitude de grandes échéances, après ce rendez-vous franco-océanien, dont les cadres comme Antoine Dupont, Matthieu Jalibert et Louis Bielle-Biarrey pourraient être absents.

Après les All Blacks, le XIII et les Black Ferns attendus

Pour cause, le One New Zealand Stadium va aussi accueillir deux rencontres des prochaines Coupes du monde de rugby à XIII. Le 25 octobre prochain, les treizistes françaises s’y rendront pour défier la Nouvelle-Zélande, dans l’édition féminine. Puis, la sélection masculine néo-zélandaise de la ‘Rugby League’ suivra face à la sélection des Îles Cook.

Une semaine plus tard, les Black Ferns y accueilleront les Bleues à l’occasion du WXV, pour conclure une année civile 2026 où le nouveau stade de Christchurch aura pris l’accent français. En 2027, le One New Zealand Stadium devrait également être le théâtre d’une ou plusieurs rencontres de la tournée des Lionnes britanniques et irlandaises au pays. Cette dernière sera la toute première édition féminine de ce rendez-vous iconique du rugby anglo-saxon.

Un bijou qui a son prix

Avec tous ces beaux rendez-vous, les habitants de Christchurch devraient être bien contents de l'ouverture d’un tel site ? Dans la région de Canterbury, certains observateurs se sont montrés bien plus nuancés. Pour cause, cette infrastructure a été financée par l’argent du contribuable. Elle est la propriété de la municipalité qui compte profiter des matchs de rugby et des concerts pour la rentabiliser. Cependant, maintenant que le stade est inauguré, cette opération devrait être plus compliquée que prévu.

Pour cause, le Te Kaha devait initialement coûter un peu plus de 500 millions de dollars néo-zélandais. Validé par une écrasante majorité des élus, ce budget était compris dans le plan de relance de Christchurch. Il était prévu pour renforcer l’attractivité de la ville suite aux multiples tremblements de terre qui l’ont touchée au début des années 2010. Toutefois, la facture a rapidement grimpé au pays du long nuage blanc. En effet, la construction de l’antre a finalement nécessité environ 150 millions de dollars néo-zélandais supplémentaires.

L'intérieur du Te Kaha ou One New Zealand Stadium, le jour de son premier match de rugby officiel, entre les Crusaders et les Waratahs, en Super Rugby. - CC0 1.0 / Kiwifury (Wikimedia Commons)L'intérieur du Te Kaha ou One New Zealand Stadium, le jour de son premier match de rugby officiel, entre les Crusaders et les Waratahs, en Super Rugby. - CC0 1.0 / Kiwifury (Wikimedia Commons)

Ainsi, le coût final du stade est estimé à 683 millions de devises locales, soit une somme d’approximativement 342 millions d’euros. Ce dernier est important, à la vue de la capacité relativement moyenne du stade. Les collectivités locales ont pointé du doigt la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine pour justifier ces augmentations conséquentes, qui correspondent à presque 30 % du prix annoncé.

Par conséquent, une partie de ces charges supplémentaires a été partiellement épongée par un contrat de sponsoring sur dix ans, avec l’opérateur de télécommunications One New Zealand. Là aussi, cette opération a été en partie critiquée, puisque le Te Kaha devait être un hommage à la culture maori et aux clans locaux. Ces derniers s’étaient même réunis pour décider du nom du stade, qui est aujourd’hui supplanté par le nom d’un sponsor. Néanmoins, plusieurs éléments et références issus des cultures polynésiennes autochtones sont présents dans l’architecture du lieu.

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