À quelques jours du choc Japon-France, le sélectionneur des Brave Blossoms a reçu Rugbyrama dans un café à Tokyo. L'occasion de revenir sur son amitié de longue date avec Fabien Galthié, sur l'identité de jeu qu'il tente de réinstaller au Japon, et sur son regard admiratif envers le rugby français.
Un pic de forme en 2019
Eddie Jones dresse un bilan lucide de la progression du rugby japonais depuis le fameux exploit de Brighton.
Pour lui, l'apogée de son équipe nationale remonte à la Coupe du monde 2019, disputée à domicile. Le groupe conservait encore une partie de l'ossature victorieuse face aux Springboks, en Angleterre en 2015. En revanche, en 2023, l'équipe n'a pas été à la hauteur.
Le technicien pointe un paradoxe propre au rugby japonais : l'essor de la League One, devenue un championnat relevé mais gorgé de renforts étrangers, complique l'éclosion des jeunes talents nippons. Créer un système de JIFF serait une solution pour laisser les jeunes japonais s'émanciper.
Retrouver un jeu "à la Japonaise"
Depuis son retour sur le banc japonais, Eddie Jones insiste sur la nécessité de renouer avec un style de jeu propre à sa sélection.
Il prend en exemple le travail mené par Galthié avec le XV de France, qu'il crédite d'avoir ramené les Bleus vers leur identité naturelle après une période où le rugby mondial cherchait à copier le modèle néo-zélandais.
Selon lui, le Japon, éternel outsider sur la scène internationale, doit miser sur ses propres atouts : l'audace, la vitesse d'exécution et la capacité à accélérer le tempo du jeu pour déstabiliser l'adversaire.
Une amitié née à Colomiers
Le sélectionneur japonais retrace les origines de sa relation avec Fabien Galthié, qui remonte au milieu des années 2000.
Après la défaite australienne en finale du Mondial 2003, Jones cherchait à faire évoluer le style de jeu des Wallabies et s'était penché sur le système offensif développé à Colomiers, club dont Galthié avait été le capitaine.
Une rencontre à Paris avait scellé le début d'une complicité durable, nourrie d'échanges réguliers.
Une suspension assumée
Le sélectionneur revient également, sans détour, sur sa récente suspension de quatre semaines, consécutive à des propos tenus envers un arbitre lors de matchs régionaux en Australie. Il dit avoir présenté ses excuses immédiatement et accepter pleinement la sanction.
Sur l'arbitrage à venir, avec le retour de Ben O'Keeffe, Jones se montre détaché, préférant désormais concentrer son analyse sur le jeu plutôt que sur les décisions arbitrales, contrairement à certaines équipes qu'il cite avec ironie, dont la France et l'Afrique du Sud.
Un Japon avec un ouvreur amateur pour un défi professionnel
Fait marquant de la composition annoncée : Eddie Jones alignera un demi d'ouverture encore étudiant, évoluant en amateur, sans le moindre encadrement professionnel.
Le sélectionneur y voit un symbole fort, tant sur le plan sportif que sur celui de la formation, adresse au passage un message aux dirigeants des clubs japonais quant à l'intérêt de miser davantage sur les talents locaux plutôt que sur le recrutement étranger.

6 heures ago
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