C’est une nouvelle qui avait intrigué plusieurs observateurs et créé de multiples débats. La semaine dernière, la presse anglaise et un article de The Telegraph, plus précisément, indiquaient que la Premiership proposait de supprimer la phase de groupes de Champions Cup, à l’avenir. Selon des révélations faites par L’Équipe, la LNR et son président Yann Roubert seraient favorables à cette modification du calendrier européen.
La France et l’Angleterre le demande
Pour rappel, l’élite anglaise proposait de réduire le nombre de clubs engagés en Champions Cup de 24 à 16 participants. Une nouvelle qui pourrait réjouir les nostalgiques de la H Cup. Dans ce format, des huitièmes de finale en rencontres aller-retour ouvriraient la compétition. Ensuite, des quarts de finale, des demi-finales et une finale se dérouleraient sur trois week-ends consécutifs. Cela n’a pas été précisé si ces manches en matchs simples se joueraient sur terrain neutre ou donneraient l’avantage du terrain à l’une des formations qualifiées.
De fait, cette idée d’une énième évolution de la Champions Cup a fait parler lors de la finale de l’édition 2025/2026 de la compétition. Les discussions ont aussi bien eu lieu entre supporters qu’auprès des décideurs de l’évènement. Ainsi, le quotidien sportif rapporte que certains trouvaient cette “révolution grotesque et mal fagotée”, alors que d’autres la pensent nécessaire. Du côté de l’Hexagone, cette idée est vue d’un bon œil, afin de réduire un calendrier surchargé et pour relancer l’intérêt de la compétition.
Les discussions autour de ce dernier pourraient être accélérées afin d’adapter la Coupe du Monde des clubs, attendue en 2028. Si elles avancent suffisamment vite, cette nouvelle version de la Champions Cup pourrait être actée dès cet été. Cependant, elle ne serait pas effective prochainement, puisque les droits de diffusion dans plusieurs pays d’Europe, dont la France, ont été négociés jusqu’en 2030. Ainsi, il est peu probable d’imaginer la formule actuelle être bousculée avant la fin de la décennie. Le possible départ des franchises sud-africaines de la compétition, actuellement étudié, affecterait également les débats.
Une révolution inéluctable ?
Par ailleurs, cette idée d’un abandon pur et simple de la phase de groupes n’est pas inédite. Au moment de l’arrivée des équipes sud-africaines en Champions Cup, le président du Castres Olympique Pierre-Yves Revol l’avait notamment proposée, dans un communiqué dédié. Près de quatre ans après, cette solution a visiblement fait son chemin. De plus, un nouveau format pour les compétitions de l’EPCR doit se conjuguer avec les ambitions de l'évènement. Depuis la fin de la H Cup, en 2014, les différentes modifications apportées à la compétition n’ont pas porté leurs fruits.
La fin de l’ERC, laissant place à l’EPCR, devait donner plus de pouvoirs aux clubs. Finalement, elle n’a fait qu’ouvrir les portes à un plus grand nombre d’équipes des mêmes championnats, en diluant la qualité du niveau sportif attendu. Après le passage à 20 participants, il y a douze ans, pas moins de 24 équipes ont postulé au trophée européen à partir de la saison 2020/2021. Cet agrandissement avait notamment pour but d’aider financièrement les clubs face à la crise de la pandémie du Covid-19. Cependant, elle a eu un effet néfaste sur l’attractivité du championnat.
Chaque année, une poignée de clubs domine les débats et signe des scores fleuves, déclarant les premières rencontres de classe internationale à la phase finale. Ces choix stratégiques ont eu un impact réel non négligeable sur la compétition. Très appréciée de ses débuts jusqu’au milieu des années 2010, elle a vu son intérêt décliner. Preuve en est, le montant des droits de division a été divisé par deux, entre 2018 et aujourd’hui. Comme le révélait L’Équipe en 2022, ils étaient passés de 30 millions d’euros par saison à 14 millions.
Le Top 14 délesté de trois week-ends ?
Si la phase de groupes venait effectivement à disparaître, le rugby européen économiserait pas moins de trois week-ends sur son calendrier. Cette réduction drastique pourrait avoir des effets extrêmement bénéfiques sur la santé des joueurs, mais également sur l’équité du Top 14. Pour cause, les dirigeants devront décider d’où économiser les journées de championnat. Actuellement, deux choix principaux sont possibles : faire disparaître les derniers doublons restants ou conclure le championnat plus tôt.
Par exemple, sur cette saison 2025/2026, seulement deux doublons entre les échéances internationales et le Top 14 étaient présents sur le calendrier. Pour l’exercice 2026/2027, ils seront au nombre de trois, dont deux à l’automne et un sur le Tournoi des 6 Nations. Si la disparition de la phase de groupes était actée, cela mettrait fin à l’une des principales aberrations du rugby professionnel, dans l’Hexagone.
Toutefois, si les dirigeants de la LNR souhaitaient ramener la finale au début du mois de juin, cela aurait d’autres avantages. Entre autres, cela éviterait que la phase finale se télescope avec une grande compétition de football, Euro ou Coupe du Monde. Ce changement peut être vu d’un bon œil, à une période où le rugby XV écrit ses lettres de noblesse auprès du grand public, attaché à ces grandes échéances. De plus, certains gros noms du rugby tricolore seraient de nouveau disponibles pour le XV de France lors des tournées estivales.

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