Pierre Mignoni veut revoir Fickou avec les Bleus
Pierre Mignoni n’a visiblement pas fait revenir Gaël Fickou à Toulon uniquement pour encadrer les jeunes et apporter son expérience. Le directeur du rugby varois voit beaucoup plus loin avec son nouveau centre. Pour lui, l’ancien Racingman possède toujours les qualités nécessaires pour disputer la Coupe du monde 2027 avec le XV de France. « Ce garçon, il doit faire la Coupe du monde », assure-t-il via les Causeries de la Rade, impressionné par son leadership et son intégration. Une conviction accompagnée d’une condition : Fickou doit désormais répondre rapidement sur le terrain.
Le discours de Mignoni est particulièrement fort lorsqu’on regarde la trajectoire récente du joueur. Fickou reste l’international français en activité comptant le plus de sélections, avec 98 capes, mais il n’a pas disputé le Tournoi des 6 Nations 2026. À 32 ans, le centre sait d’ailleurs exactement pourquoi il est revenu sur la Rade. Son objectif assumé reste l’Australie et la Coupe du monde 2027. Son passage au RCT doit lui offrir ce fameux « coup de fouet » qu’il recherchait en quittant le Racing 92.
Une concurrence qui n’a jamais été aussi jeune
Car pendant que Fickou regardait les Bleus de loin, les prétendants ont poussé derrière. Et pas timidement. Yoram Moefana et Nicolas Depoortere représentent déjà des options majeures, tandis que la Section Paloise a envoyé Émilien Gailleton et Fabien Brau-Boirie à Marcoussis. Ces deux derniers ont même été associés au centre face au pays de Galles durant le Tournoi 2026. Sans oublier les Toulousains Gourgues et Barassi. À un an du Mondial, Fabien Galthié dispose donc d’une profondeur rarement observée à ce poste.
C’est là que le profil de Fickou redevient intéressant. Le Toulonnais ne gagnera probablement pas la bataille en essayant de devenir une version âgée de dix ans de Gailleton ou Brau-Boirie. Son argument se situe ailleurs. Expérience internationale, lecture défensive, communication, polyvalence entre les postes : son CV contient des compétences précieuses dans une compétition où quatre années de préparation peuvent basculer sur une mauvaise décision défensive. Le Mondial n’est pas toujours gagné par les joueurs les plus spectaculaires. Mais souvent par ceux qui savent quoi faire lorsque le match devient irrespirable. Comment en 2023 avec plusieurs victoires par un point seulement.
Le chronomètre tourne déjà pour Fickou
Reste que Mignoni met lui-même le doigt sur le principal obstacle. « Ce joueur doit performer rapidement pour dire : “Je suis là”. » Le message ressemble presque à une feuille de route pour les premières semaines de Top 14. Fickou n’a plus vraiment le luxe d’une montée en puissance étalée sur plusieurs mois. Chaque grosse performance avec Toulon peut rappeler son existence au staff tricolore. Chaque match plus discret laisse, à l’inverse, davantage de terrain aux jeunes centres déjà installés dans le groupe France.
Son retour à Toulon prend ainsi une dimension supplémentaire. Il ne s’agit plus seulement de boucler la boucle dans le club où il avait été formé avant de partir à Toulouse. Le RCT devient le théâtre de sa dernière grande bataille internationale. Mignoni semble prêt à lui confier les responsabilités nécessaires pour la mener, et son absence de la campagne internationale estivale lui offre du temps pour s’intégrer pleinement à son nouvel environnement.
Toulon peut-il ramener Fickou chez les Bleus ?
À 32 ans, Fickou n’a donc plus besoin de convaincre sur son histoire ou son expérience. Il doit convaincre sur son présent. C’est précisément ce qui rend ses premiers mois sous le maillot rouge et noir passionnants. La jeunesse tricolore frappe déjà très fort à la porte et personne ne lui réservera une place dans l’avion pour l’Australie en souvenir de ses 98 sélections. Pierre Mignoni a choisi son camp. À Gaël Fickou, désormais, de lui donner raison sur le terrain.

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