Faisons les paris : si l’on vous demandait de nous citer 10 deuxièmes lignes français actuels, on est à peu près sûr que son nom ne sortirait pas. Et pour cause, il n’est pas le numéro 4 le plus sexy du championnat, à un poste qui n’est déjà pas le plus craquant de la balle ovale.
Et pourtant, il besogne, chacaille, court, passe les bras et surtout, règne dans les airs. Il faut dire qu’avec ses 2m03 pour seulement 110kg, Florian Verhaeghe a le profil parfait pour "jumper" plus haut et plus vite que tout le monde. Mais cela serait enlever la capacité de lecture et les bras tentaculaires que possède le 2ème barre du MHR.
3 capes sous l’ère Galthié
Il fut d’ailleurs un temps où le garçon formé à Montauban puis au Stade Toulousain côtoyait l’équipe de France. A son compteur, 3 capes sous l’ère Galthié, dont une titularisation lors des matchs de préparation à la coupe du monde 2023. Comme d’autres, Verhaeghe a ensuite eu du mal à son retour en club, jusqu’à voir le train des Bleus s’éloigner définitivement, alors que des nouveaux venus (Roumat, Auradou) compostaient leur billet à ce poste en Bleu.
Mais, sans faire grand bruit, le double champion de France (2019 et 2022) revient très fort, tapi dans l’ombre des projecteurs comme un vieux chat le serait dans celle du canapé. A l’image de son club de Montpellier, toujours pas le plus gros vendeur de maillots du Top 14 et qui caracole pourtant à la 2ème place de notre championnat, désormais…
Le king de la touche en Top 14
Une réussite à laquelle n’est pas étranger l’ancien toulousain, dont les derniers mois de compétition sont tout simplement excellents. Sur le terrain et bien qu'il soit toujours taillé comme un cintre (35kg de moins que Meafou !) Verhaeghe agresse, bouscule et fout la tête un peu partout là où il peut la mettre.
Ce qui, allié à son immense capacité de déplacement et celle à jouer après contact, lui permet aujourd'hui de compenser pleinement son manque de densité. En plus d’être le king de la touche en Top 14, à l’image de ses 8 ballons pris dans l’alignement le week-end, dont 5 volés sur lancer clermontois !
"Beaucoup lui ont reproché des choses, mais aujourd’hui, il retrouve un niveau proche de la scène internationale, malgré la concurrence à son poste. Il a encore fait une masterclass aujourd'hui", témoignait son coach Joan Caudullo en conférence de presse pour Rugbyrama.
"Il incarne l’ADN que l'on veut développer : être agressif, mettre beaucoup d'engagement et savoir faire les bons choix".
Les Bleus cet été ?
Un joueur qu’on verrait bien frapper de nouveau à la porte des Bleus lors des échéances estivales des Bleus, en effet. Si son calendrier le permet, bien sûr.
Car si Thibaud Flament est aujourd’hui un ponte du numéro 4 en France et que Charles Ollivon est venu imposer une nouvelle concurrence au poste, derrière eux, les candidats sont peu nombreux. Joshua Brennan représente évidemment une belle option, mais le Toulousain doit encore gagner en régularité.
Quand Hugo Auradou a les faveurs du sélectionneur depuis l’an dernier pour intervenir juste derrière dans la hiérarchie. Jeune (22 ans), le Palois possède évidemment un profil prometteur mais, dans un registre similaire et plus besogneux, Verhaeghe semble aujourd’hui évoluer un ton au-dessus de ses cadets. Lui qui, a bientôt 29 ans, semble être arrivé à maturité. En espérant que cela lui permette d’acquérir la reconnaissance qu’il mérite, le bandeau toujours vissé sur la tête…

4 heures ago
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