Damian Penaud n'a pas seulement participé à l'écrasante victoire de l'UBB sur Toulouse (44-20) ce dimanche en TOP 14. Il a signé une performance statistique historique. Selon Opta, l'ailier international français a réussi 8 offloads contre le Stade Toulousain, soit le record de la saison en Top 14 pour un seul joueur sur un match, et le record ex-aequo pour un arrière sur la dernière décennie, à égalité avec Semi Radradra. Le Fidjien avait réalisé la même performance contre le Stade Français en avril 2025.
Centre par nécessité, vraie bonne idée ?
Ce qui rend la performance encore plus remarquable, c'est le contexte dans lequel elle s'est produite. En l'absence de Nicolas Depoortère, blessé avec le XV de France dans le Tournoi, Penaud a été aligné au centre aux côtés de Yoram Moefana. Un poste qui n'est pas le sien, et pourtant. C'était seulement la deuxième fois de la saison qu'il démarrait comme titualire en 13. Et la première fois, c'était déjà contre Toulouse, lors de la la 6e journée. A l'époque, les Bordelais s'étaient lourdement inclinés, 56 à 13. Ils ont pris leur revanche.
L'offload, une arme technique et pas un pari
8 offloads en un match, ça ne s'improvise pas. L'offload est l'une des gestes techniques les plus exigeants et déterminants du rugby moderne. Il requiert une lecture anticipée du soutien, de la vista, une force dans les bras pour résister au plaqueur, et un sens du timing parfait. Penaud en a fait clairement fait son arme de prédilection lors de cette rencontre. Et ça n'est certainement pas passé inaperçu du côté du staff de l'équipe de France.
À ce niveau de volume sur un seul match, on parle d'une domination physique et technique absolue sur les défenseurs adverses. Toulouse, pourtant réputé pour la qualité de ses plaquages, n'a pas réussi à contenir ses bras ce soir-là. Une performance qui pourrait donner des idées à Yannick Bru à l'avenir. Au-delà du dépannage, on pourrait voir Penaud "dézonner" et se placer plus souvent au centre pour apporter de l'incertitude et faire profiter à ses coéquipiers de ses passes après-contact.
Penaud, plus qu'un finisseur
Ces 8 offloads ne sont pas qu'une stat isolée. Ils sont le reflet d'un collectif bordelais en confiance, capable de jouer à grande vitesse et en continuité. Un jeu sans temps mort qui fait la marque de l'UBB depuis plusieurs années. Pour Penaud, c'est la preuve qu'il peut peser sur un match loin de la ligne de touche.
S'il n'a pas été retenu par Fabien Galthié pour le Tournoi, il n'en reste pas moins l'un des meilleurs ailiers du monde : 11 essais en 21 matchs toutes compétitions confondues, titulaire à 100%, avec une moyenne de 77 minutes par match. À 29 ans, il montre qu'il en a encore sous les crampons et qu'il est bien plus qu'un finisseur.
Et si les débats post-Tournoi portent encore sur le poste d'ailier en équipe de France, ce genre de performance individuelle rappelle pourquoi il fait partie des joueurs lesquels le staff tricolore s'appuiera en Australie. Un record de la décennie, un poste "improvisé", et une victoire bonifiée : Damian Penaud a transformé une contrainte en démonstration.

5 heures ago
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