La rémunération des meilleurs joueurs de l’Hexagone va-t-elle grimper en flèche ? En ce week-end de mi-juin 2026, le président de Provale Malik Hamadache a distillé quelques propositions pour répondre aux interrogations des joueurs, tout en conservant l’encadrement du salary-cap. Dans les colonnes de L’Équipe, le représentant du syndicat des joueurs de rugby professionnel a mis en lumière deux dispositions potentielles, inédites dans le rugby français.
Les débats autour du salary-cap provoquent de nombreux débats dans les instances et chez les présidents des écuries du Top 14. En parallèle, Provale souhaite assouplir certaines normes en créant des statuts particuliers pour les Joueurs Issus des Filières de Formation (JIFF) et les cadres du XV de France. Auprès du quotidien sportif, Malik Hamadache explique que les stars étrangères ne seront pas concernées par ces modifications pour “avoir une équipe de France forte” qui “passe par une formation forte”.
Un marquee player et des Bleus JIFF
Tout d’abord, le président de Provale défend l’instauration du concept de “marquee player JIFF”, bien connu des amateurs de la Premiership. En clair, un marquee player est un joueur dont les revenus associés au club, salaire et contrats avec les partenaires, ne sont pas compris dans le Salary Cap. “Si Antoine devient marquee player et donc qu'il sort du salary-cap, ça offrira une enveloppe de respiration plus conséquente au reste du vestiaire, la possibilité de mieux structurer le groupe et peut-être des augmentations”, argue l’ancien international algérien.
Ensuite, Malik Hamadache propose également la création d’un statut “d’international JIFF” pour certains joueurs du XV de France. Derrière celui-ci, le “droit d'image individuel associé au club sortirait du salary-cap”. Il permettrait aux concernés de collaborer plus librement avec des partenaires du club sans que cela n’amène à des situations litigieuses. Cela avait pu être le cas lors de l’affaire concernant le Stade Toulousain et la société Fiducial, où la redevance perçue par Antoine Dupont n'avait pas été déclarée dans le salary-cap. Pour éviter les abus, seulement “deux ou trois éléments” pourraient en bénéficier par club. De plus, Provale demande l’obligation de “la mise en place d'une grille tarifaire du salaire d'international plus le nombre de sélections à l'équipe de France dans le Tournoi des Six Nations.”
Le salary-cap, du Top 14 au XV de France
Selon le syndicat des joueurs, cette proposition n’a pas pour but de servir les plus gros clubs, en particulier le Stade Toulousain. Cette situation pourrait aider quelques joueurs, qui font figure d'icônes du rugby français ou de leurs clubs, afin de permettre à l’ensemble des groupes professionnels d’être mieux payés. Malik Hamadache précisait le profil des concernés ainsi : “Certains joueurs ont une image et une notoriété qui dépassent largement celle de leur ville. [...] Je pense aujourd'hui à des garçons comme Macalou au Stade Français, Fickou au Racing, Ollivon à Toulon, Jalibert à Bordeaux, Alldritt à La Rochelle, Jauneau à Clermont, Couilloud à Lyon, Gailleton ou Attissogbe à Pau, etc.”
Avec ces propositions, Provale espère amener de nouveaux éléments dans les discussions qui entourent les rémunérations des joueurs et notamment de meilleurs éléments du XV de France. Cette prise de parole intervient quelques mois après l’annonce de la dégressivité drastique des crédits internationaux. Dorénavant, le plafond par club de ces crédits sera fixé à 1,575 million d’euros. Néanmoins, un club comme le Stade Toulousain pouvait disposer d’une marge supplémentaire de 2,5 millions d’euros, selon le Midi Olympique, grâce à ses nombreux Bleus.
En parallèle, le salary-cap augmentera la saison prochaine, selon une mesure officiellement adoptée par la LNR en début d’année. Ce dernier passera de 10,7 millions d’euros à 11 millions d’euros à l’intersaison. Ensuite, il devrait progressivement augmenter de 100 000 euros à chaque nouvel exercice, jusqu’à la saison 2029-2030. Toutefois, ces augmentations n’ont rien d’un record. En réalité, elles sont simplement un retour à la normale après l’épisode du Covid_19. Lorsque la pandémie a frappé le monde, les institutions avaient décidé de baisser le salary-cap, pour justifier les baisses de salaires de nombreux joueurs et afin d’éviter la banqueroute de certains clubs.
Ces propositions pourraient effectivement amener à une meilleure rémunération pour les joueurs français prisés en Top 14, notamment des internationaux du XV de France. Cependant, rien n’assure que le salaire moyen des autres membres des effectifs concernés puisse grimper. En effet, les présidents de clubs pourraient uniquement augmenter le salaire d’un autre joueur phare, plutôt que celui de l’intégralité du groupe. Néanmoins, ces idées pourraient permettre aux éléments qui figurent dans la vitrine du rugby français d’être mieux exposés par les marques et rémunérés. "C'est la meilleure solution, mais la plus difficile à réaliser. Tout le monde en profiterait", précisait le président de Provale.

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