114 kg devant, 87 derrière, où se situent les Bleus sur la balance mondiale ?

3 heures ago 7

En 2019, la photo des Springboks "bodybuildés" avant la Coupe du monde au Japon avait fait le tour du monde. Du demi de mêlée à l'ailier, en passant par les piliers et les troisièmes lignes, tous les joueurs étaient affutés et "tankés" comme jamais. Un cliché qui avait largement dépassé les frontières de l'ovalie. Sept ans plus tard, les Boks sont toujours aussi impressionnants. Ils ont glané un autre titre mondial en 2023 et font une nouvelle fois partie des favoris pour soulever le trophée en Australie.

Vont-ils à nouveau faire une grosse préparation en vue du Mondial ? Une chose est sûre, on peut compter sur les Sud-Africains pour ne rien laisser au hasard dans leur quête d'un triplé historique. Mais en face, les autres nations ne vont pas se tourner les pouces. Et dans un rugby toujours plus spectaculaire où le temps de "ball in play" augmente, les muscles ne sont peut-être plus aussi déterminants que par le passé.

Des joueurs toujours plus athlétiques

Ce que cherchent désormais les staffs, ce sont des athlètes capables d'enchaîner les tâches à haute intensité. Les profils des Bielle-Biarrey et Attissogbe côté français montre une certaine tendance qui tend vers des profils plus longilignes, capables notamment de disputer le ballon dans les airs. Tout comme chez les avants où on trouve des deuxièmes lignes toujours grands mais moins massifs.

Ainsi, le tableau publié par OptaJonny après les trois premières journées du Nations Championship nous en apprend un peu plus sur le XV de France. Même s'il faut rappeler que ce n'était pas l'équipe type qui était alignée cet été.

Cependant, les avants tricolores affichent 114 kg de moyenne, contre 87 kg pour les arrières. Douze sélections sont comparées. Et les Bleus présentent l’un des écarts les plus marqués entre leur paquet d’avants et leurs lignes arrière.

Les Springboks restent les plus lourds

Chez les avants, l’Afrique du Sud domine sans surprise avec 118 kg, devant l’Australie à 117. L’Argentine et la Nouvelle-Zélande suivent à 115. La France se situe donc dans le ventre mou du classement, au même niveau que l’Angleterre et les Fidji. La moyenne des douze packs atteint environ 114 kg. Pas vraiment un paquet poids plume, donc. Mais pas un monstre hors norme non plus.

Un pack français dans la norme

Ce chiffre confirme surtout que la puissance tricolore ne repose pas sur une accumulation de très gros gabarits. Le staff peut aligner Emmanuel Meafou, tout en conservant des troisième ligne plus mobiles. Une moyenne lisse forcément les différences entre un pilier, un deuxième ligne et un flanker. Elle ne dit rien non plus de la force réelle au contact.

Des arrières parmi les plus légers

Derrière, le contraste est plus net. Avec 87 kg, la France partage l’avant-dernière place avec l’Argentine. Seul le Japon présente une moyenne inférieure, à 86 kg. À l’opposé, les arrières fidjiens, irlandais et néo-zélandais atteignent 94 kg. L’écart français entre avants et trois-quarts monte ainsi à 27 kg. Seuls l’Afrique du Sud, avec 29 kg, et l’Argentine, avec 28, font davantage.

Léger ne veut pas dire tendre

Faut-il en conclure que les Bleus manquent de densité derrière ? Non. Le poids ne mesure ni l’accélération, ni la qualité des appuis, ni la capacité à rester debout après le contact. Il ne raconte pas davantage la technique défensive. Un joueur plus léger peut avancer grâce à sa vitesse, son timing ou l’espace créé autour de lui. Tout dépend de la façon dont il reçoit le cuir.

La preuve, la France a gagné 4,07 mètres par course durant cette première partie de compétition. Aucun participant ne fait mieux. Les Springboks suivent à 4,05. Cette donnée concerne toute l’équipe, pas uniquement les arrières. Elle rappelle néanmoins une chose simple : les kilos ne suffisent pas pour gagner la ligne d’avantage.

Trois tests très différents en novembre

Cette statistique prendra encore plus de sens face aux Fidji, à l’Afrique du Sud puis à l’Argentine. Les Bleus affronteront successivement les arrières les plus lourds du tournoi, le pack le plus massif, puis une équipe au profil presque identique au leur. Trois matchs, trois défis. On verra alors si cette silhouette française est une limite. Pour l’instant, elle ressemble surtout à un choix assumé.

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