Le rugby international est-il en train de révolutionner son jeu ? Après le Championnat des Nations, l’ancien capitaine du pays de Galles Sam Warburton a livré une analyse de l’évolution du jeu à la mode et en réussite sur les prés des matchs de rugby joués en sélection. Selon lui, “l’obsession du jeu au pied” a laissé place à une ère où les équipes cherchent avant tout à perforer les défenses, comme il l'explique dans The Times.
Fini le kick, voici le break !
Dans les colonnes du journal britannique, le Gallois a déduit que “la stratégie du jeu au pied à outrance” avait perdu de son importance. Sur la phase estivale du Championnat des Nations, il affirme que les “sélections sont désormais plus souvent récompensées pour des prises de risques offensives, dans leur camp ou celui de l’adversaire.” Sam Warburton appuie son propos en indiquant que “dans les matchs avec une faible différence de points, le gagnant est celui qui franchit le plus et gagne le plus de mètres ballon en main.”
D’après lui, les meilleures sélections du monde approchent souvent les 15 franchissements par match, tout du moins sur des matchs face à des sélections de niveau similaire. “C'est une révolution et une excellente nouvelle pour le spectacle”, affirme Sam Warburton. Il décrit notamment ce style de jeu, très porté sur la contre-attaque et la volonté d’exploiter les failles des défenses désorganisées, comme “la marque de fabrique historique et le superpouvoir des All Blacks, que les autres nations se sont appropriés”.
Dans les faits, les qualités techniques des joueurs actuels accentuent le nombre d'offloads par matchs, ainsi que les prises d’intervalles. Sur l’année 2026, le XV de France compte 89 franchissements en 8 rencontres, soit une moyenne d’environ 11 percées par rencontre dans la défense adverse. Les deux seules fois où il n’a pas réussi à dépasser la barre des 10 franchissements, c’était face au Japon (6), en juillet, et à l’Italie (7), en février. Ces statistiques se sont observées face à deux nations bien moins classées que les Bleus de Fabien Galthié.
Plus de jeu, mais pas pour tous
Les chiffres semblent être un peu exagérés de la part de Sam Warburton, car les rencontres où une équipe franchit plus de 20 fois restent extrêmement rares. Toutefois, le Gallois met le doigt sur une observation nouvelle, qui peut paraître contre-intuitive. Les meilleures équipes du globe ont bien tendance à dépasser la dizaine de percées, quasi systématiquement, sur les rencontres qui les opposent à d’autres cadors internationaux. C’était impensable il y a encore quelques années, où le jeu au pied et l’idée des défenses imperméables étaient rois.
Bien aidée par certaines nouvelles règles et directives, comme le renvoi d’en-but ou le 50-22, cette appétence pour le jeu a pris chez de nombreuses sélections de Tiers 1. Par ailleurs, l’ancien troisième ligne traduit ce changement par un petit trait d’humour, toujours dans le Times : “À l'époque où j'étais joueur, si une équipe ouvrait des brèches dans sa défense autant de fois, Shaun Edwards serait devenu fou.” Cette révolution internationale marque une tendance à un jeu plus ouvert et à une identité portée sur l’offensive, pour plusieurs grosses sélections. Toutefois, cela n’est pas complètement devenu la norme, contrairement à ce qu’affirme Sam Warburton.
En effet, quand on regarde le classement des équipes qui ont le plus utilisé le jeu au pied, on trouve certaines équipes redoutables. Entre autres, l’Afrique du Sud est au sommet du classement des équipes qui utilisent le plus souvent leurs bottes, avec 83 coups de pied dans le jeu courant sur les trois rencontres du Championnat des Nations. Pourtant, il est difficile de dire que les Springboks semblent largués sur les nouvelles stratégies internationales, bien au contraire. Leader du classement World Rugby, les hommes de Rassie Erasmus montrent surtout qu’ils sont à contre-courant de l’évolution du rugby mondial et cela leur réussit…

2 heures ago
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