Le simple fait que son nom soit évoqué fait déjà réagir. Selon Sud Ouest, Fabien Galthié étudierait sérieusement la possibilité de rappeler Jefferson Poirot pour la Ligue des Nations cet été. Une perspective qui semblait pourtant inimaginable il y a encore quelques mois pour le pilier de l'Union Bordeaux-Bègles, retraité de la sélection depuis 2020.
Au-delà du cas personnel de l'ancien international, cette réflexion met en lumière une question plus large. Le XV de France dispose réellement de suffisamment de profondeur aux postes de pilier ?
Le précédent Atonio
Depuis plusieurs saisons, le cas Uini Atonio illustre parfaitement cette problématique. Après la Coupe du monde 2023, le Rochelais avait laissé entendre que son aventure internationale touchait à sa fin. Pourtant, faute de solutions suffisamment installées derrière lui, il a finalement prolongé l'expérience.
Lors des Tournois 2024 et 2025, le pilier droit a même conservé un rôle majeur dans le dispositif tricolore avec 10 titularisions sur 10 possibles malgré ses 34 puis 35 ans. Une situation qui témoigne autant de son immense niveau que des difficultés du staff à trouver une relève capable de s'installer durablement.
À gauche, Gros est seul au sommet
Au poste de pilier gauche, Jean-Baptiste Gros s'est imposé comme une référence. À seulement 27 ans, le Toulonnais représente le présent et l'avenir du poste chez les Bleus. Le problème apparaît davantage derrière lui. Rodrigue Neti accumule progressivement de l'expérience mais ne semble pas encore totalement installé comme une solution incontournable au plus haut niveau international.
Le dernier Tournoi des Six Nations a d'ailleurs illustré l'importance prise par Gros. Lors du match décisif contre l'Angleterre, il avait dû revenir sur le terrain dans les dernières minutes pour sécuriser la mêlée française et contribuer au succès des Bleus. Une dépendance qui peut inquiéter à moyen terme.
Des candidats, mais peu de certitudes
Derrière les noms déjà installés, plusieurs joueurs poussent en Top 14. Reda Wardi semblait avoir intégré durablement la rotation avant sa blessure en 2024. Mais à 30 ans, il ne représente plus forcément une solution d'avenir à long terme.
D'autres profils comme Daniel Bibi Biziwu, Giorgi Beria, Baptiste Erdocio ou encore Thierry Paiva réalisent de bonnes saisons en club sans parvenir pour l'instant à s'imposer comme des évidences au niveau international. Le constat n'est pas celui d'une absence de talents, mais plutôt d'un manque de candidats qui semblent capables de franchir le dernier palier.
À droite, la situation paraît encore plus préoccupante
Le problème parait encore plus marqué au poste de pilier droit. Durant le Tournoi 2026, Dorian Aldegheri a assuré l'essentiel des responsabilités avec cinq titularisations. À 32 ans, le Toulousain reste une valeur sûre mais n'incarne pas la solution de long terme.
Pour préparer l'avenir, le staff a multiplié les essais lors du dernier tournoi. Régis Montagne, Georges-Henri Colombe et Demba Bamba ont tous été observés. Mais aucun n'a véritablement pris le dessus.
Le cas de Demba Bamba est particulièrement révélateur. Longtemps présenté comme le futur du poste après ses débuts précoces en équipe de France, il n'a jamais réussi à confirmer les immenses espoirs placés en lui. Quant à Sipili Falatea, autrefois considéré comme l'un des successeurs naturels d'Atonio, il ne semble plus entrer dans les plans prioritaires du staff.
Le retour de Poirot comme symptôme
Dans ce contexte, le possible retour de Jefferson Poirot prend une dimension particulière. À 33 ans, le Bordelais ne représente évidemment pas l'avenir du XV de France. Mais il pourrait offrir une solution fiable et expérimentée pour une tournée estivale où plusieurs cadres seront absents.
Surtout, son éventuel rappel constituerait un signal fort. Lorsqu'une sélection parmi les meilleures du monde envisage le retour d'un joueur retraité depuis six ans, c'est souvent que la relève n'a pas encore totalement convaincu.
Les prochaines années pourraient toutefois apporter des réponses. Des joueurs comme Benjamin Bertrand ou Paul Mallez apparaissent parmi les profils les plus prometteurs à gauche.
Reste désormais à savoir qui émergera pour accompagner cette nouvelle génération et assurer la succession des cadres actuels. Car derrière les excellents résultats du XV de France, le chantier des piliers n'est peut-être pas aussi avancé qu'il n'y paraît.

6 heures ago
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